EPS au lycée La Mennais : une pédagogie du plaisir, de l’engagement et de la réussite

Au lycée La Mennais à Guérande, Anne et Lionel Lainé, aux côtés des autres enseignants de l’équipe EPS, portent une vision exigeante et profondément humaine de l’éducation physique et sportive. Entre lutte contre la sédentarité, adaptation fine aux profils d’élèves et construction de la confiance, leur enseignement s’inscrit dans une logique claire : former des jeunes autonomes, lucides sur leurs capacités et engagés dans une pratique durable. Ici, l’EPS n’est pas une simple succession d’activités, mais un parcours cohérent qui donne du sens aux apprentissages.
Une équipe expérimentée au service d’un projet lisible
L’EPS au lycée La Mennais repose sur une équipe soudée et complémentaire. Anne Lainé, en poste depuis 1988, et Lionel, enseignant depuis 1990, s’inscrivent dans une continuité rare, aux côtés des autres professeurs d’EPS qui participent pleinement à la construction du projet pédagogique qui permet de construire dans la durée.
« J’ai même eu la chance de voir la création, la construction du lycée. »
Cette ancienneté n’est pas qu’un repère temporel : elle structure un regard affiné sur les évolutions des élèves et sur l’efficacité des dispositifs. Concrètement, cela se traduit par une programmation annuelle construite en amont, articulée sur trois ans, où chaque activité répond à des objectifs identifiés. L’ensemble forme un fil conducteur lisible pour les élèves comme pour les enseignants.

L’EPS : une discipline de formation, pas seulement de pratique
Dans leur discours, Anne et Lionel insistent sur un point central : l’EPS est une discipline d’enseignement à part entière.
« Aujourd’hui, je définis mon rôle comme celui d’un enseignant à part entière. »
Autrement dit, il ne s’agit pas uniquement de faire pratiquer, mais de faire comprendre. Comprendre son corps, ses sensations, ses limites, mais aussi les effets de l’entraînement et les enjeux de santé. Cette approche installe progressivement les élèves dans une posture réflexive : ils ne subissent plus l’activité, ils l’analysent et se l’approprient.
À travers cette logique, l’EPS devient un véritable outil d’éducation : elle permet aux élèves de construire des repères durables, de mieux se connaître et d’agir de manière plus autonome dans leur pratique.

Maintenir la pratique… et surtout lui donner du sens
Le constat de départ est sans ambiguïté : à l’adolescence, une part importante des élèves décroche des pratiques sportives.
« Beaucoup de lycéens arrêtent de pratiquer dans les clubs à cet âge-là. »
Dans ce contexte, l’EPS devient souvent le dernier espace structuré d’activité physique. D’où une double exigence : maintenir une pratique régulière et, surtout, lui donner du sens. Les enseignants refusent une activité mécanique ou déconnectée.
Le levier principal reste le plaisir, mais un plaisir construit : comprendre ce que l’on fait, ressentir ses progrès et trouver une utilité à l’effort.
Après le Covid : un retour marqué du collectif
L’un des constats les plus marquants concerne l’évolution récente des élèves.
« Avant, on avait du mal à être ensemble… aujourd’hui, il y a ce plaisir de se retrouver. »
Ce retour au collectif ne va pas de soi, mais il est réel. Les élèves recherchent davantage de coopération, d’échanges et de projets communs. Pour les enseignants, c’est un point d’appui fort : les activités deviennent des espaces de socialisation où l’on apprend autant à travailler ensemble qu’à performer.
Une programmation cohérente et adaptée au contexte
Si les programmes nationaux fixent un cadre, leur mise en œuvre reste contextualisée.
« On adapte nos activités à notre lieu d’enseignement. »
Le lycée propose ainsi une palette équilibrée couvrant les différents champs d’apprentissage : performance, expression, affrontement, adaptation à l’environnement et entretien de soi. Concrètement, cela se traduit par des activités variées comme le relais, la natation, l’escalade, le sauvetage, les sports collectifs (volley, basket) ou encore la course de durée.
Ce choix n’est pas neutre : il permet de multiplier les portes d’entrée vers la réussite. Là où certains élèves s’épanouissent dans la performance, d’autres trouvent leur place dans l’expression ou la coopération. Cette diversité d’activités sportives est essentielle pour répondre à l’hétérogénéité des profils et permettre à chacun de révéler ses qualités.

Des situations d’apprentissage qui rendent l’élève acteur
Construire l’autonomie avec la course à pied
« L’idée, c’est de leur donner des outils pour qu’ils puissent ensuite pratiquer seuls. »
La course à pied devient ici un laboratoire de compréhension. Les élèves apprennent à différencier les allures, à écouter leurs sensations, à organiser un effort. L’objectif n’est pas la seule performance, mais la capacité à réinvestir ces connaissances en dehors du cadre scolaire.
Créer du collectif avec les arts du cirque
« L’objectif, c’est de créer un spectacle pour être vu et apprécié. »
Le cirque introduit une autre logique : celle du projet collectif. Les élèves doivent coopérer, valoriser les qualités de chacun et construire une production commune. Cette activité joue un rôle clé pour des élèves moins attirés par la performance pure.

Responsabiliser avec le sauvetage
« Sauver quelqu’un, ce n’est pas un acte anodin. »
Le sauvetage engage à la fois des compétences techniques et une réflexion éthique. Les élèves apprennent à évaluer une situation, à mesurer leurs capacités et à agir dans un cadre précis : prévenir, alerter, secourir. Le choix du scénario, adapté à leur niveau, les place face à une responsabilité concrète.
Sédentarité : un diagnostic lucide, des réponses concrètes
Les enseignants observent une tendance nette : les capacités physiques, notamment en endurance, stagnent.
« Sur les tests, ils ne progressent pas. »
Ce constat s’inscrit dans une réalité plus large : une baisse de l’activité physique en dehors de l’école. Plutôt que de durcir les exigences, les enseignants choisissent d’adapter leur approche.
Les séances intègrent davantage de ressenti, de ludique et de collectif. L’objectif est clair : changer le rapport à l’effort, souvent perçu comme contraignant, pour le rendre accessible et engageant, et redonner aux élèves le goût de bouger.
Différencier pour embarquer tous les élèves
« On n’a pas le choix, on doit adapter nos cours. »
L’hétérogénéité n’est pas contournée, elle est organisée. Les binômes d’entraînement structurent une grande partie des situations.
« Celui qui est plus à l’aise aide celui qui l’est moins. »
Ce dispositif a un double effet : il soutient les élèves en difficulté tout en valorisant ceux qui maîtrisent davantage. Chacun trouve un rôle, et la progression devient visible dans la relation.
Cette organisation favorise également l’implication de tous : aucun élève ne reste en marge, chacun est amené à participer, à observer, à conseiller ou à s’engager dans l’action.
Restaurer la confiance, enjeu central
« Ils ont parfois une mauvaise image d’eux-mêmes. »
L’EPS devient alors un terrain de reconstruction. Les enseignants s’appuient sur des réussites accessibles, des feedbacks immédiats et une mise en évidence systématique des progrès.
« Ils ne se rendent pas compte qu’ils progressent. »
Rendre ces progrès visibles est déterminant : c’est là que se construit la confiance, qui dépasse largement le cadre de la discipline.

Évaluer l’engagement plutôt que la seule performance
« On évalue la manière dont ils s’organisent pour progresser. »
L’évaluation prend en compte la performance, mais ne s’y limite pas. Elle valorise les choix, l’investissement et la capacité à s’inscrire dans une démarche de progrès. Les outils d’auto-évaluation et de co-évaluation renforcent cette logique et responsabilisent les élèves.
L’association sportive : un prolongement naturel
« Rencontrer d’autres établissements, c’est très riche. »
L’association sportive prolonge l’EPS dans un cadre volontaire, où les élèves choisissent de s’engager au-delà du temps scolaire. Cet engagement change la posture : ils viennent pour progresser, mais aussi pour appartenir à un groupe, représenter leur établissement et vivre des expériences nouvelles.
Concrètement, les séances mêlent des élèves de niveaux et de classes différents (seconde, première, terminale). Ce brassage crée une dynamique particulière : les plus expérimentés accompagnent les autres, les échanges sont plus spontanés et les repères se construisent autrement que dans le cadre strict du cours.
Les compétitions structurent également cette pratique. Elles offrent des temps de confrontation, mais aussi de rencontre. Les élèves découvrent d’autres façons de jouer, d’autres contextes, et apprennent à gérer la pression liée à l’enjeu.
« L’important, c’est de se dépasser. »
Au-delà du résultat, ce sont les émotions, le collectif et la progression qui priment. Gagner compte, bien sûr, mais s’engager pleinement, accepter la défaite, encourager les autres et progresser d’une rencontre à l’autre constituent les véritables marqueurs de réussite.
Ainsi, l’association sportive devient un espace complémentaire essentiel : plus libre, plus engagé, et souvent plus marquant dans le parcours des élèves.

Le cœur du métier : accompagner des trajectoires
« Voir un élève réussir et prendre confiance, c’est ça qui compte. »
Au fil des séances, ce sont des trajectoires individuelles qui se dessinent. Chaque élève progresse à son rythme, trouve un espace de réussite et construit une image plus positive de lui-même.
Ce travail demande du temps, de l’observation et une attention constante. Il ne s’agit pas seulement de transmettre des compétences, mais d’accompagner des évolutions personnelles.
La diversité des activités joue ici un rôle clé : elle permet à chaque élève de trouver un domaine dans lequel il peut s’exprimer et être reconnu.

Des moments qui donnent du sens à tout le reste
« Un ancien élève est revenu me dire merci… »
Ces retours rappellent l’impact durable de l’EPS. Mais le sens se construit surtout dans des moments clés, courts et intenses.
D’abord, les réussites individuelles : tenir enfin 20 minutes de course, oser s’engager dans une activité redoutée. Des victoires visibles qui déclenchent la confiance.
Ensuite, des expériences marquantes : monter sur scène au Théâtre Graslin, ou vivre un séjour en Autriche (projet Erasmus, découverte de la valse et d’un bal traditionnel). Des situations nouvelles qui élargissent le regard et renforcent l’engagement.
Enfin, les compétitions de l’association sportive : rencontres, pression, émotions, parfois des médailles. Qu’il s’agisse de gagner ou non, l’essentiel reste le dépassement et le collectif.
Ces moments, concrets et mémorables, rendent les progrès tangibles et donnent toute sa portée aux apprentissages.

Conclusion
« La priorité, c’est le plaisir de la pratique. »
Au lycée La Mennais, l’EPS ne se résume pas à des heures de sport inscrites à l’emploi du temps. Elle s’affirme comme un espace où l’on apprend à se connaître, à s’engager et à trouver sa place parmi les autres. Dans un contexte où la sédentarité progresse et où le rapport au corps se fragilise, cette discipline redevient un repère.
Ce que construisent Anne et Lionel, séance après séance, dépasse la performance immédiate : ils installent des habitudes, des repères et une confiance qui accompagneront les élèves bien au-delà du lycée. Car apprendre à persévérer, à coopérer, à accepter l’effort et à reconnaître ses progrès, c’est déjà se préparer à affronter d’autres défis.
👉 « L’EPS, c’est pratiquer, prendre du plaisir, développer sa confiance et s’épanouir ensemble pour construire sa vie d’adulte. »
Reste alors une question simple, presque évidente : dans une société où tout s’accélère, ne serait-ce pas justement dans ces moments de pratique, de collectif et de dépassement que les élèves apprennent l’essentiel — avancer, avec les autres, et croire en leurs propres capacités ?
Quiz : EPS au lycée La Mennais à Guérande
20 questions pour tester votre compréhension de l’article sur l’EPS, le plaisir de pratiquer, l’engagement, la confiance et le collectif.