Christophe Nicol, du coureur au président du PGAC

Arrivé au Presqu’île Guérandaise Athletic Club en 2013 et président depuis 2022, Christophe Nicol a d’abord construit son rapport au sport comme pratiquant. Il débute la course à pied pendant son service militaire, puis s’y engage réellement au cours de ses premières années de travail chez Carrefour, lorsqu’il devient directeur de supermarché.
« La course à pied est devenue un exutoire à la pression. Au fur et à mesure, le goût de la compétition est arrivé, et depuis ne m’a pas quitté. »
Le goût du chronomètre l’accompagne durablement. Sur marathon, il passe sous les 2 h 50 à Vannes, à une seconde près selon le temps de la puce, puis récidive en 2011 à Nantes avec 2 h 50 min 27 s. Aujourd’hui, dit-il, ses records sont derrière lui, « mais pas l’envie de toujours faire le mieux possible ».
Parmi ses souvenirs de coureur, le marathon de Caen en 2003, son quatrième, reste le plus marquant. La température était déjà de 27 °C au départ et a atteint 35 °C à l’arrivée. Avec le recul, Christophe Nicol explique qu’il ne referait pas le choix d’aller au bout dans de telles conditions.
« Ce fut une bonne leçon, mais qui montre bien que la volonté de terminer peut être dangereuse pour la santé. »

Du bénévolat à la présidence du PGAC
L’engagement bénévole ne commence pas avec sa prise de responsabilités au PGAC. Christophe Nicol explique avoir toujours été bénévole, une dimension qui prend encore davantage de sens lorsqu’il devient paludier en 2005, dans une profession où l’entraide occupe selon lui une place essentielle.
« Je suis bénévole depuis toujours et surtout lorsque je suis devenu paludier en 2005, où l’entraide fait partie de l’ADN de la profession. »
Son implication dans la direction du club se construit ensuite au rythme de ses disponibilités. Il entre au bureau du PGAC après s’être libéré de ses fonctions au sein de la coopérative, puis devient président après avoir quitté la présidence d’Aprosela, l’association qui gère les signes de qualité pour la filière du sel artisanal. Son ami de toujours Vincent Maudet, engagé depuis longtemps dans les instances dirigeantes du club, le sollicite fortement pour prendre cette responsabilité.
Lorsqu’il accède à la présidence en 2022, Christophe Nicol ne prend pas les commandes d’un club à reconstruire. Il décrit au contraire une structure qui fonctionne correctement grâce à un groupe assurant les différentes fonctions nécessaires. Le principal bémol concerne alors la présidence, le responsable de l’époque étant, selon lui, trop absent pour représenter suffisamment le PGAC.
261 licenciés en 2026 : l’encadrement comme priorité
Les effectifs du PGAC ont fortement progressé ces dernières années : 245 licenciés en 2023, 273 en 2024, puis 293 en 2025. En 2026, le club en compte 261. Ce fléchissement ne traduit toutefois pas nécessairement une baisse d’attractivité : Christophe Nicol le relie notamment aux capacités d’encadrement.
« On note un fléchissement en 2026, notamment dû au manque d’entraîneurs. Nous avons dû limiter le nombre d’inscriptions jeunes. »
Le président reste prudent sur les raisons de la progression observée auparavant. Il constate un fort engouement pour la course à pied depuis la fin de la période Covid et évoque, parmi les facteurs possibles, le succès des Jeux olympiques de Paris ainsi que celui du Marathon International de la Côte d’Amour Amarris. Mais la priorité, elle, est clairement identifiée : « Le défi reste avant tout l’encadrement de nos adhérents. »

Rassembler les groupes au-delà des pratiques
Le nombre d’adhérents ne suffit pas à faire vivre une identité commune. Les pratiques, les générations, les lieux et les rythmes d’entraînement peuvent être très différents. Pour Christophe Nicol, rapprocher ces groupes constitue donc l’un des principaux objectifs de la saison, notamment par la création de moments conviviaux.
« C’est difficile et c’est un de nos principaux objectifs pour cette saison avec la création de moments conviviaux qui permettent de rassembler au-delà des pratiques. Car celles-ci sont parfois si différentes qu’elles nous éloignent les uns des autres à cause des entraînements qui sont souvent aux antipodes. »
L’Ekiden de Saint-Nazaire en offre une illustration concrète. Le PGAC y a engagé neuf équipes, réunissant différentes générations et des pratiquants qui ne courent habituellement pas ensemble. Pour le président, cette compétition « résume bien l’esprit club ».
Le plaisir au cœur de la formation et de la performance
Les jeunes représentent aujourd’hui 50 % des licenciés du PGAC. Leur accompagnement occupe donc une place centrale dans le projet sportif du club. Pour Christophe Nicol, la progression ne peut cependant pas être dissociée du plaisir, y compris lorsque l’objectif devient plus compétitif.
« L’objectif principal est le plaisir. Même dans la recherche de performance, cette notion est primordiale. Sans plaisir il ne peut y avoir de progression durable. »
Cette philosophie trouve un prolongement dans le travail collectif. Les 23 et 24 mai 2026 à Redon, les U16 de l’ACL44 ont remporté la finale nationale N2 du Challenge Equip’Athlé avec 514 points, devant l’US Athlétiques de Liévin (499) et le Pays Basque Athlétisme (491). Un résultat qui donne une traduction concrète au regroupement des compétences défendu par Christophe Nicol : réunir les différentes sections permet de constituer de meilleures équipes et de créer davantage d’émulation à l’entraînement.
Les résultats du printemps illustrent aussi cette dynamique sur plusieurs terrains. Le 3 mai à Saint-Nazaire, une équipe de l’ACL44 a terminé en tête des Interclubs avec 45 981 points. Puis, au MaréTrail de La Turballe le 7 juin, Corentin a pris la 2e place du challenge 10 km + 15 km, tandis que Sophie s’est classée 3e du challenge et 2e en M2. Trois jours plus tard, lors du meeting RCN, Alix a couru le 1 500 m en 4 min 34 s et Romain a remporté sa série en 4 min 25 s. Ces performances récentes complètent le titre national des U16 sans modifier le fil conducteur : au PGAC comme au sein de l’ACL44, Christophe Nicol insiste d’abord sur la force du collectif.
Le président rappelle toutefois que le PGAC obtenait déjà de bons résultats avant l’ACL44. Depuis le regroupement de 2014, le changement tient surtout à une présence plus régulière dans les équipes performantes.
« Il y a toujours de bons résultats au PGAC, suivant les périodes dans différentes compétitions, mais ce que je note avant tout, c’est que depuis le regroupement ACL44 de 2014 nous sommes plus à même d’être régulièrement dans les équipes qui font des résultats. C’est collectivement que nous avons progressé. »

Une relève à organiser dans l’équipe dirigeante
La vie du PGAC repose aujourd’hui sur 8 entraîneurs, 8 dirigeants et environ 45 bénévoles. Dans le même temps, le renouvellement de l’équipe dirigeante est engagé. Christophe Nicol cite notamment Nicole et Jean-Paul, deux rouages essentiels du club depuis près de trente ans.
Après un engagement aussi long, préparer la relève apparaît légitime. Cette transmission suppose surtout de redistribuer des missions qui, avec les années, ont pu se concentrer sur quelques personnes. « Quand on reste longtemps, on arrive à cumuler les fonctions », observe le président.
« Heureusement, nous avons les bonnes volontés nécessaires. »
Des équipements au service d’un club qui rayonne sur la presqu’île
La question des infrastructures est directement liée à celle de l’encadrement. Le stade Moreau-Defarges reste le principal lieu d’entraînement, mais le PGAC ne peut pas demander à tous ses adhérents de s’y déplacer. Pour Christophe Nicol, le développement du club suppose donc de pouvoir encadrer les pratiquants « au plus près », avec plusieurs sites et les entraîneurs correspondants. L’organisation se complique d’autant plus que les jours d’entraînement sont souvent les mêmes.
« La difficulté principale de rayonner sur la presqu’île est l’encadrement. On ne peut pas demander à tout le monde de venir au stade Moreau-Defarges, principal lieu d’entraînement. »
Les situations diffèrent selon les communes. À Herbignac, les équipements restent en phase de « projets ». À Guérande, le dossier est plus avancé : selon Christophe Nicol, le chantier de la nouvelle piste d’athlétisme devrait débuter à la fin de l’année. Cette infrastructure doit améliorer l’entraînement des jeunes et pourrait également permettre au PGAC de constituer un groupe adulte.
À La Baule, la piste, déjà ancienne, vient de subir une batterie de tests afin de déterminer les interventions nécessaires. Le stade pourrait évoluer dans un second temps, avec l’objectif de permettre au club d’y organiser des meetings de qualité.

À cinq ans, un PGAC à 300 adhérents sur trois ou quatre sections
Cette organisation territoriale dessine le principal défi des prochaines années : maintenir dans un même club des groupes géographiquement éloignés tout en leur laissant une part d’autonomie. Christophe Nicol imagine pour cela un fonctionnement en sections, dans une logique qu’il rapproche de l’ACL44, que le PGAC souhaite continuer à faire grandir.
« Le principal défi est de garder au sein du club les différents groupes qui sont géographiquement éloignés. Cela passera, je pense, par un fonctionnement de club à sections, car chaque groupe aime avoir un minimum d’autonomie. »
À cinq ans, cette vision se traduit par un cap simple et chiffré :
« Dans cinq ans, ce serait sympa de dire que le PGAC regroupe 300 adhérents sur trois ou quatre sections qui ont gardé leur identité propre, tout en faisant partie du club. »